lundi 30 mai 2011

Le hérisson

Nous passons maintenant beaucoup de temps à la mise en place du hérisson. Rappelons que c'est un lit ventilé de cailloux, placé sous la dalle de sol. Il a deux objectifs principaux : évacuer une éventuelle humidité grâce à un drain d'aération et garder un contact avec le sol naturel et son inertie thermique (ce que ne fait pas un vide sanitaire classique).

L'inconvénient de cette technique est qu'elle nécessite de déplacer plusieurs dizaines de tonnes de cailloux ! Pour ce faire nous avons adopté deux stratégies complémentaires :
  • utiliser un chargeur (ou "bobcat" pour les intimes) pour déplacer les tas de cailloux livrés par la carrière, dans la maison,
  • demander du renfort pour étaler les cailloux sur le sol.

Le bobcat a bien fonctionné : ça se prend très facilement en main et ça permet vraiment de déplacer rapidement des tonnes de matériaux.
François, très concentré pour ses premiers pas avec un bobcat.
Les renforts ont été efficaces et très appréciables. Un grand merci à tous les amis qui sont venus nous aider, et en particulier aux membres du SEL Bellocois (SEL = Système d'Echange Local) : Lydie, Emma, Helmut, Nicole, Julien, Catherine.

Nicole, en train d'étaler les galets
Seule ombre au tableau : les galets livrés par la carrière étaient, au mieux, sales, au pire (dans le fond du tas) pris dans une gangue de sable :-((( 
Ce qui devrait être un tas de galets 80-150 et qui n'est que du tout-venant totalement inutilisable pour un hérisson.
Or, les cailloux doivent être propres pour éviter les remontées capillaires. La seule technique que nous ayons trouvée a été de laver les galets trop sableux, un par un, dans une brouette ...
Marie et Lydie en plein nettoyage
D'où un retard et une perte d'énergie importants.

Nous sommes allés voir le directeur de la carrière qui n'a pas su nous expliquer ce qui avait pu se passer lors de la livraison mais à été compréhensif et nous a remboursé les cailloux. Ils nous en a également offert 10 tonnes  supplémentaires en 30-80 pour remplacer les galets inutilisables.
Quelques tournées de bobcat, demain, et ils devraient rejoindre les autres dans la maison (si le temps le permet car ce soir nous avons droit à un orage carabiné).

Malgré cette déconvenue, nous avons pu avancer et voilà l'état actuel du hérisson :
Il "ne reste plus" qu'à rajouter les 30-80 et à étaler les 20-40 qui sont stockés au fond à droite.


Post-scriptum : il semblerait que notre dernier essai de corps d'enduit soit le bon : en effet, après séchage, il n'y a que quelques fissures et elles sont minuscules. Et en plus, il est agréable à poser. On devrait donc l'adopter.

dimanche 29 mai 2011

Le montage de la charpente : suite et fin

Eh oui, c'est déjà fini ! Alexandre et Jérôme, nos deux charpentiers, ont même déjà commencé à poser la sous-toiture.

Les grandes étapes de la fin du montage de la charpente :
Alignement des poteaux
Pour assurer une parfaite correspondance avec les fermes qui doivent être posées sur l'ossature du rez-de-chaussée, nos charpentiers ont légèrement modifié la position des poteaux, pour assurer leur alignement, en utilisant la même technique que nos maçons pour le soubassement :
On voit la ficelle utilisée pour vérifier l'alignement de poteaux.
Montage et pose des fermes et de la panne faîtière
Comme pour le rez-de-chaussée, les fermes sont assemblées au sol ...
... transportées avec la grue et mises en place :

Puis la panne faîtière est posée, morceau par morceau, pour solidariser les fermes entre elles :

Mise en place des autres pannes
La panne sablière est posée à l'endroit prévu au sommet des poteaux.
Pour les pannes intermédiaires entre la faîtière et la sablière, Alexandre et Jérôme ont d'abord fixé des échantignoles sur les arabalétriers et ils ont vérifié leur alignement :
la panne sablière au premier plan et trois échantignoles au dessus
Puis, ils ont posé les pannes :
L'espace laissé pour la lucarne apparaît entre les pannes
Pose des contreventements
Comme nous avons volontairement limité les liens de contreventement au niveau du rez-de-chaussée pour ne pas être génés lors du remplissage paille, Alexandre avait décidé de contreventer la toiture avec des liens en W entre les pannes :

Construction de la lucarne
Les charpentiers ont ensuite installé l'ossature de la lucarne dans l'emplacement laissé à cet effet :


Pendant ce temps, nous avons également été bien occupés puisque nous avons continué à travailler sur le hérisson (qui fera l'objet d'un autre message) et que nous avons aussi dû construire des piliers pour l'ossature. En effet, nous avons appris assez tardivement qu'il y avait des poteaux à l'intérieur de la maison et n'avons donc pas pu demander au maçon de s'en occuper lors de la construction du soubassement. De toute façon, ça aurait délicat de tomber juste sous les poteaux avant la mise en place de la charpente.
L'observation des maçons nous a bien servi pour faire ces piliers. Nous avons :
  • creusé la terre à l'emplacement des piliers pour assurer un niveau horizontal,
  • enfoncé de la longrine d'une dizaine de centimètre dans le sol pour armer nos piliers,
  • coffré (merci aux charpentiers pour leurs serre-joints) avec des planches et avec des U qui n'avaient pas été utilisés pour le soubassement,
  • fait un béton de ciment que nous avons coulé dans le coffrage.
Et voila le résultat :
Un des trois piliers




dimanche 22 mai 2011

Le montage de la charpente : suite

Les étapes du deuxième jour de montage :

Plombage des poteaux
La position de toutes les fermes (ou couples) est déterminée par rapport à la première ferme posée. Il est donc important qu'elle soit placée avec précision. Notamment, il faut s'assurer d'une verticalité parfaite :

Ajout des couples suivants
En utilisant la même méthode que pour le premier couple, les charpentiers en ont posé 3 supplémentaires :
Arrivée du 2e couple

Pose des solivettes entre les couples
Chaque couple est relié au précédent par des solivettes :
Entre le 2e et le 3e couple, les charpentiers ont également installé la trémie du futur escalier.

Pendant ce temps, nous avons continué à remplir le hérisson de galets. Nous avons pu accélérer la manoeuvre grace aux charpentiers qui nous ont permis d'utiliser leur grue quand ils ne s'en servaient pas.
Notre technique : remplir un des big bags dans lequel avait été livré le sable de pierre ponce avec des cailloux et déplacer le sac avec la grue ...
François, à la télécommande de la grue
... jusque dans le hérisson où nous pouvions le vider. Ca va quand même plus vite qu'à la brouette et c'est moins fatigant !
Marie, au vidage du sac

jeudi 19 mai 2011

Le montage de la charpente a (enfin) commencé !!!!!

Ca y est, le bois de charpente, raboté, a été livré sur le chantier !!!!!
Un petit échantillon du bois livré (surmonté du charpentier en chef).
Comme le camion des charpentiers ne démarrait pas ce matin (après un mois d'inaction ...), c'est le raboteur lui-même qui est venu livrer.

Et dès cet aprés-midi, les charpentiers ont pu se mettre au travail. Après une petite mise en place du chantier, il ont pu commencer à monter une ferme et à la poser sur le soubassement.
1ère étape : assemblage des poteaux et du sommier, à plat :
Chaque poteau est fixé au sommier par un sysème de tenon/mortaise.
Pour chaque assemblage, l'équerrage est ajusté et figé par une planche en diagonale, en contreventement provisoire.
Des platines sont fixées à la base des poteaux :
Les platines font la liaison entre le soubassement et les poteaux.

2ème étape : levage de la ferme avec la grue et et mise en place sur le soubassement.

Petite émotion lors de la pose : toujours suspendue à la grue, la ferme, qui avait du mal à rester d'aplomb, a dérapé sur le soubassement et est revenue le frapper. Heureusement, plus de peur que de mal, il n'y a pas eu trop de dégâts.
La ferme a ensuite pu être placée correctement par rapport aux repères marqués préalablement au cordex sur le soubassement.

Dernière étape pour aujourd'hui : clouage de planches en contreventement pour que la ferme reste debout une fois décrochée de la grue. Les planches sont clouées à la charpente et maintenues au soubassement avec un serre-joint.
Et voila le résultat !
Sur la photo, on voit également le drain d'aération du hérisson (encore un gros ver jaune) que nous avons mis en place hier. On voit aussi le géotextile sur lequel il est posé. Nous avons placé quelques galets du futur hérisson pour que le géotexile ne s'envole pas. Il en reste encore beaucoup à placer : toute aide est la bienvenue !

mardi 17 mai 2011

Livraison du bois raboté demain ou après-demain ...

... du moins nous l'espérons fortement !

Le technicien allemand est bien arrivé lundi avec les pièces de rechange et a commencé à réparer la raboteuse. On nous a assuré que le bois serait raboté mercredi ou jeudi. De toute façon, on a convenu avec le charpentier que dans le cas où le bois ne serait pas prêt, il irait le chercher et l'apporterait sur le chantier dans l'état où il est et qu'il louerait un appareil pour le raboter sur place.

En attendant de pouvoir vraiment travailler sur la maison, nous continuons à nous occuper à diverses tâches.
Nous en avons notamment fini avec le drain ouest :

De même, nous avons repris les essais d'enduits terre. Cette fois-ci le mélange pour la couche de corps a été le suivant : 1 terre, 1 sable, 1 paille, 1 eau. Ce mélange est évidemment beaucoup plus facile à passer à la bétonnière que le précédent qui était sans sable ajouté. Il reste très facile à appliquer sur la paille. Nous verrons s'il fissure moins que le précédent.
Là, c'est le bas de notre mini-mur de paille qui a reçu l'enduit.
En prévisions des enduits, nous continuons également à tamiser de la terre :

Nous avons aussi fait quelques racommodages sur le soubassement : certains U de chaînage étaient un peu cassés par endroit. On a donc refait un béton avec du ciment et un reste de sable et gravier de pierre ponce :

Les galets qui nous ont été livrés pour le hérisson sont très sableux. Nous avons donc commencé à les passer au "karcher".

Quelques travaux au potager également, essentiellement de nouvelles plantations : salades et tomates. Nous avons en particulier installé les tuteurs en bambous qui devraient à terme supporter le poids des tomates.
Nous avions par ailleurs fabriqué un purin d'ortie dont nous avons aspergé différentes plantations (salades, tomates, rhubarbe et les feuilles des fruitiers) pour ses vertus anti-insectes et d'engrais.

mardi 10 mai 2011

Soeur Anne ne vois-tu rien venir ?

Contrairement à ce que nous epérions et à ce que disait le dernier message, le charpentier n'est toujours pas là cette semaine. Comme nous ne pouvons pas attendre indéfiniment sa venue, nous commençons à regarder de plus près ce que nous pouvons faire pour brusquer un peu les choses.
Nous connaissons maintenant le nom de l'entreprise qui doit, et a commencé à, raboter le bois de notre charpente et avons pu la contacter. Sa machine n'est toujours pas réparée : le technicien qui doit le faire n'arrive que lundi prochain. Donc, quand la machine à raboter est en panne, il faut plus d'un mois pour la remettre en route ... C'est le progrès ! D'après, la fille d'un ancien menuisier, avant, quand la raboteuse tombait en panne, il fallait une semaine pour la réparer ... Tout ça parce que le constructeur de la raboteuse, qui est allemand, a le monopole sur les pièces de rechange de ses machines ... Nous avons demandé à notre charpentier de contacter d'autres raboteurs pour le cas où le réparateur d'outre-Rhin n'arriverait pas à remettre la machine en état dans un délai raisonnable.
Dans tous les cas, nous prenons un mois de retard dans la vue au minimum et il faudra donc mettre les bouchées doubles pour finir les enduits avant la mauvaise saison. Toute aide sera alors bienvenue.

En attendant la charpente, nous avons toujours de quoi nous occuper. Par exemple, nous continuons à travailler sur le drain ouest que nous avons décoffré après avoir continué à remblayer avec de la terre.
Il reste à remonter le niveau des cailloux, et donc de la terre de remblai, sur la partie la plus basse du drain.

Nous nous occupons aussi du terrain : il y a pas mal de désherbage dans et surtout autour du potager.
Nous avons également ajouté quelques plantes dans la pente de terre sous les fraisiers pour la stabiliser (des lavandes et de l'origan).
Marie plante l'origan, qui semble avoir résisté au traumatisme son déplacement
Les radis et les fraises donnent toujours une production abondante. Les rates commencent à montrer le bout de leurs feuilles avec plusieurs semaines de retard sur les francelines. De belles courges ont poussé à l'ancien emplacement du tas de compost alors que nous n'avons rien planté !

Nous allons également reprendre les essais d'enduits terre sur botte. Pour ce faire nous avons acheté un peu de sable (240 kg, c'est-à-dire trois fois rien) que nous mélangerons à notre terre pour limiter les fissurations au séchage.

mardi 3 mai 2011

Le drain ouest est en bonne voie

Grâce au passage de François, un autre copain, nous avons pu prendre une sérieuse option sur le drain ouest. En effet, il a réussi à déplacer une bonne partie des quelques mètres cubes de terre et de cailloux nécessaires.
Pour mettre en place ce drain, il a fallu faire une sorte de coffrage car le niveau du terrain continue à descendre vers l'ouest.
Les planches de coffrage maintenues par des piquets

Ensuite, comme pour les autres parties du drain, nous avons mis en place successivement le géotextile, le drain agricole et les cailloux.
Marie en appui sur le drain agricole pout que les cailloux versés ne passent pas dessous

Puis, nous avons ramené de la terre pour équilibrer la masse de cailloux contenue par les planches de coffrage.

Nous avons ensuite recouvert l'ensemble du drain (est, nord, ouest) avec de la bâche d'ensilage, dans le but de le protéger pendant la durée des travaux.
Il faut éviter que de la terre ne pénètre entre les cailloux et ne bouche le drain. Nous remplacerons la bâche par de la moquette dès que nous aurons pu en trouver de récupération. Quand le chantier sera fini et que l'herbe aura repoussé, la protection pourra être enlevée.

L'action de François ne s'est pas limitée au drain. Il nous a également aidé à débroussailler le fossé qui court dans le taillis nord du terrain.
François, aussi efficace à la tronçonneuse qu'à la brouette !

Depuis notre arrivée en Corrèze, nous constituons un tas de compost avec nos déchets de cuisine et la production de nos toilettes sèches. Hier, nous l'avons retourné. C'est-à-dire que nous avons brassé tout le tas, l'avons mélangé avec de la paille et bien hydraté pour que le compostage se fasse correctement.
Le tas de compost, protégé par un épais manteau de paille

Le charpentier n'est toujours pas venu travailler. Sa grue tourne au gré des vents sur le chantier depuis trois semaines ou presque :-(((((((((((
Nous avons enfin réussi à le joindre : il devrait venir cette semaine ...
Il nous a expliqué que l'entreprise qui rabote le bois de notre charpente a connu une panne sur sa machine.
Le problème serait résolu ...